Alerte chlorhexidine chez le prémauré - e-ADARPEF

Alerte chlorhexidine chez le prémauré

Utilisation d’une solution de chlorhexidine chez le prématuré

La MHRA (Medical and Healthcare products Regulatory Agency) a envoyé une alerte aux pédiatres et anesthésistes-réanimateurs pédiatriques britanniques à propos du risque de brûlure chimique lors de l’utilisation d’une solution de chlorhexidine chez le prématuré.  Le texte en anglais est fourni ici.

En résumé,

  •  44 cas de brûlure chimique de la peau ont été rapportés chez des grands prématurés (< 1000 g) chez qui une solution de chlorhexidine avait été utilisée pour désinfecter la peau avant un abord veineux central (dans la majorité des cas : un cathéter ombilical) ;
  • Il s’agissait dans 29 cas d’une solution alcoolique à 0,5 ou 2% et d’une solution aqueuse à 2% dans 11 cas ;
  • 5 cas ont présenté des séquelles cutanées importantes et un décès est possiblement associé un cas de brûlure.

La discussion démontre l’absence de connaissances précises sur les risques de l’utilisation de la chlorhexidine chez le prématuré et le nouveau-né, par exemple son absorption systémique.
Les conclusions dans l’état actuel des connaissances sont :

  • Il faut être prudent lors de l’utilisation de la chlorhexidine durant les deux premières semaines d’âge post-natal chez le prématuré né avant 32 semaines d’aménorrhée
  • on ignore si le risque augmente avec la concentration ou l’alcoolisation de la solution
  • il faut éviter que l’enfant repose sur une « flaque » de désinfectant : éviter d’utiliser trop de solution, ne pas laisser l’enfant reposer sur un linge imbibé de solution, tamponner les excès de solution qui reposent sur la peau.

Commentaire personnel : ces précautions doivent également être appliquées lors de la désinfection cutanée en salle d’opération car la présence d’un excès de solution désinfectante sous l’enfant peut entraîner des brûlures non seulement par contact/compression mais également électriques en cas d’utilisation d’un bistouri électrique monopolaire.

Francis Veyckemans